ECI-2008: Caractéristiques des enfants et des familles
Ce chapitre contient une description des cas de mauvais traitements corroborés en ce qui a trait aux caractéristiques des enfants, des personnes qui en prennent soin et de leur logement. Les estimations présentées dans ce chapitre sont des estimations canadiennes pondérées découlant des enquêtes sur les mauvais traitements envers les enfants menées en 2008 auprès d’un échantillon représentatif des services de protection de l’enfance du Canada. Les estimations ne tiennent pas compte : 1) des incidents qui n’ont pas été signalés aux services de protection de l’enfance; 2) des cas signalés qui ont été rejetés avant enquête par les services de protection de l’enfance; 3) des nouveaux signalements se rapportant à des cas ayant déjà donné lieu à l’ouverture d’un dossier par les services de protection de l’enfance; 4) des cas sur lesquels seule la police a enquêté; et 5) des cas qui ont fait l’objet d’une enquête à cause de possibles risques de futurs mauvais traitements. Les lecteurs sont prévenus que les conclusions présentées dans ce chapitre ne peuvent être directement comparées aux observations des rapports de l’ECI-2003 et de l’ECI 1998.
Âge et sexe des enfants ciblés par les enquêtes liées aux mauvais traitements et aux mauvais traitements corroborés
En ce qui concerne l’âge et le sexe des enfants faisant l’objet des enquêtes liées aux mauvais traitements et aux mauvais traitements corroborés, l’incidence de toutes les enquêtes liées aux mauvais traitements était presque identique chez les garçons (38,69 enquêtes pour 1 000 enfants) et chez les filles (39,66 pour 1 000 enfants). Il y avait certaines variations en fonction de l’âge et du sexe quant à l’incidence des mauvais traitements faisant l’objet de l’enquête, les taux les plus élevés correspondaient aux nourrissons (52 enquêtes pour 1 000 nourrissons de sexe féminin et 51,63 pour 1 000 nourrissons de sexe masculin). Les taux des enquêtes liées aux mauvais traitements étaient semblables en fonction du sexe pour les enfants de quatre à sept ans (41,75 et 41,72 pour 1 000 pour les filles et les garçons, respectivement).
L’incidence des mauvais traitements corroborés était presque identique pour les garçons (13,89 pour 1 000) et les filles (14,50 pour 1 000). Il y avait certaines variations en fonction de l’âge et du sexe quant à l’incidence des mauvais traitements corroborés, les taux les plus élevés correspondaient aux nourrissons (17,56 cas corroborés pour 1 000 nourrissons de sexe féminin et 16,64 pour 1 000 nourrissons de sexe masculin). Les taux de mauvais traitements corroborés étaient similaires en fonction du sexe pour les enfants de quatre à sept ans, alors qu’il y a eu plus de signalements impliquant des garçons chez les huit à onze ans, et des filles chez les adolescents.
Ascendance autochtone des enfants
L’ECI 2008 a recueilli les données sur l’ascendance autochtone afin de mieux comprendre les facteurs qui font que les enfants autochtones requièrent l’intervention du système de protection de l’enfance. Les enfants autochtones ont été identifiés comme un groupe clé en raison de leur surreprésentation dans les familles d’accueil. Vingt-deux pour cent de toutes les enquêtes sur les mauvais traitements corroborés impliquaient des enfants d’ascendance autochtone (taux quatre fois plus élevé chez les enfants autochtones que chez les enfants non autochtones) : 15 % d’enfants des Premières nations/Indiens inscrits, 3 % d’enfants des Premières nations/Indiens non inscrits, 2 % d’enfants métis, 1 % d’enfants inuits et 1 % d’enfants d’une autre ascendance autochtone (voir le tableau 1).
Tableau 1 : Enquêtes sur les mauvais traitements envers les enfants au Canada en 2008*
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Ascendance autochtone |
Nombre d’enquêtes |
Taux pour 1 000 enfants |
% |
|
Premières nations, Indiens inscrits |
12 751 |
S.O. |
15 % |
|
Premières nations, Indiens non inscrits |
2 561 |
S.O. |
3 % |
|
Métis |
1 828 |
S.O. |
2 % |
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Inuite |
893 |
S.O. |
1 % |
|
Autres ascendances autochtones |
477 |
S.O. |
1 % |
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Sous-total: tous les Autochtones |
18 510 |
49,69 |
22 % |
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Non Autochtones |
66 930 |
11,85 |
78 % |
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Nombre total d’enquêtes sur des mauvais traitements corroborés |
85 440 |
14,19 |
100 % |
*Selon un échantillon de 6 163 enquêtes sur des mauvais traitements corroborés envers des enfants. Les pourcentages sont ceux par colonne.
Problèmes de fonctionnement de l’enfant
Le fonctionnement de l’enfant sur le plan physique, psychologique, cognitif et comportemental a été documenté grâce à une liste de contrôle comprenant les problèmes que les travailleurs des services de protection de l’enfance étaient susceptibles de constater (les problèmes indiqués incluaient seulement ceux qui avaient été confirmés par un diagnostic et/ou avaient été directement observés par le travailleur enquêteur ou un autre travailleur, ou avaient été mentionnés par la personne s’occupant de l’enfant ou l’enfant, ainsi que les problèmes soupçonnés). Les six mois précédant l’enquête ont servi de période de référence. Dans 46 % des enquêtes sur les mauvais traitements corroborés, au moins un problème de fonctionnement a été noté par le travailleur. Les six problèmes les plus fréquemment signalés étaient les difficultés scolaires (23 %), la dépression/l’anxiété/l’isolement (19 %), l’agressivité (15 %), l’attachement (14 %), un trouble d’hyperactivité avec déficit de l’attention (THADA) (11 %), et une déficience intellectuelle ou un trouble du développement (11 %).
Profil et facteurs de risque relatifs à la personne prenant soin de l’enfant
Dans 91 % des enquêtes sur les mauvais traitements corroborés, la personne qui s’occupait de l’enfant est une femme. Près de la moitié (45 %) des enquêtes sur les mauvais traitements corroborés impliquaient des enfants dont s’occupaient principalement des personnes âgées entre 31 et 40 ans, et la grande majorité de celles-ci était un parent biologique (94 %). Dans 78 % des enquêtes sur des mauvais traitements corroborés, au moins un facteur de risque associé à la personne prenant soin de l’enfant, a été indiqué. Les facteurs de risque le plus souvent soulignés étaient le fait d’avoir été victime de violence familiale (46 %), le manque de soutien social (39 %), les problèmes de santé mentale (27 %), l’alcoolisme (21 %) et la toxicomanie ou l’inhalation de solvants (17 %).
Un certain nombre de facteurs de risque liés au ménage ont aussi été répertoriés, notamment l’aide sociale, le déménagement de la famille dans les douze mois, et les dangers à la maison (y compris les dangers liés à la drogue, des conditions de vie non sécuritaires ou non hygiéniques et des armes accessibles). Dans 33 % des cas visés par les enquêtes, la famille avait comme principale source de revenu des prestations ou de l’aide sociale. La famille avait déménagé une fois au cours de l’année précédente dans 20 % des cas. Au moins un danger dans le logement a été signalé dans 12 % des enquêtes.
Orientations futures
Les données des cycles de l’ECI 1998, 2003 et 2008 représentent une occasion unique de décrire les changements entourant les enquêtes sur les mauvais traitements envers les enfants partout au Canada au cours de la dernière décennie. L’échantillon élargi de 2008 documente les taux d’enquêtes dans cinq provinces ainsi que les enquêtes et les services offerts par les organismes dirigés par des Autochtones. En outre, la modification de la procédure de classification des enquêtes en 2008 permettra aux analystes de commencer à répertorier les différences entre les enquêtes sur les mauvais traitements et les enquêtes sur des situations signalées en raison du risque de futurs mauvais traitements. La section des blessures et de la violence envers les enfants de l’ASPC mettra la série de données de l’ECI-2008 à la disposition des chercheurs pour que des analyses secondaires soient réalisées.
Pour des mises à jour et de plus amples renseignements sur l’ECI-2008, visitez le Portail canadien de la recherche en protection de l’enfance et la section des blessures et de la violence envers les enfants de l’ASPC à www.phac-aspc.gc.ca/cm-vee/public-fra.php.
Résumé par Lise Milne. Adapté de Trocmé, N., B. Fallon, B. MacLaurin, V. Sinha, T. Black, E. Fast, C. Felstiner, S. Hélie, D. Turcotte, P. Weightman, J. Douglas et J. Holroyd. « Caractéristiques des enfants et desfamilles », dans Étude canadienne sur l’incidence des signalements de cas de violence et de négligence envers les enfants – 2008 : Données principales. Ottawa, 2010.








