ECI-2008 : Caractéristiques des mauvais traitements

Auteur(s): 
Trocmé, Fallon, MacLaurin et coll.

Les estimations de l’ECI-2008 sont tirées des enquêtes sur les mauvais traitements envers les enfants menées en 2008 par un échantillon représentatif d’organismes de protection de l’enfance. Ces estimations ne tiennent pas compte : 1) des incidents qui n’ont pas été signalés aux services de protection de l’enfance; 2) des cas signalés qui ont été rejetés par les services de protection de l’enfance, et n’ont pas fait l’objet d’une enquête approfondie; 3) des nouveaux signalements se rapportant à des cas qui ont déjà donné lieu à l’ouverture d’un dossier par les services de protection de l’enfance; 4) des cas sur lesquels seule la police a enquêté; 5) des cas qui ont fait l’objet d’une enquête uniquement en raison de soupçons relatifs au risque de futurs mauvais traitements. Les conclusions formulées dans le présent chapitre ne peuvent pas être comparées directement aux observations des rapports sur l’ECI 2003 et sur l’ECI 1998.

Catégories de mauvais traitements

Le nombre estimatif d’enquêtes sur des mauvais traitements corroborés envers les enfants s’élève à 85 440 au Canada en 2008 (14,19 enquêtes pour 1 000 enfants). La définition des mauvais traitements utilisée dans l’ECI 2008 compte 32 formes de mauvais traitements, qui sont réparties dans les cinq catégories suivantes : (1) violence physique; (2) abus sexuel; (3) négligence; (4) violence psychologique; et (5) exposition à la violence conjugale (le formulaire de collecte de données figure aux annexes F et G du rapport de l’ECI-2008). Le tableau 1 présente l’incidence des mauvais traitements corroborés, selon les principales catégories de mauvais traitements. L’exposition à la violence conjugale (34 %) et la négligence (34 %) sont les mauvais traitements corroborés faisant l’objet de la plus grande proportion des enquêtes, suivis par la violence physique (20 %), la violence psychologique (9 %), et l’abus sexuel (3 %).

Tableau 1 : Principales catégories de mauvais traitements corroborés au Canada (2008)*

Principales catégories de mauvais traitements

Nombre d’enquêtes

Taux pour 1 000 enfants

%

Violence physique

17 212

2,86

20 %

Abus sexuel

2 607

0,43

3 %

Négligence

28 939

4,81

34 %

Violence psychologique

7 423

1,23

9 %

Exposition à la violence conjugale

29 259

4,86

34 %

Nombre total d’enquêtes sur les mauvais traitements corroborés

85 440

14,19

100 %

*Fondé sur un échantillon de 6 163 enquêtes sur les mauvais traitements corroborés. Les pourcentages sont ceux par colonne.

Catégories uniques et multiples de mauvais traitements

L’ECI a répertorié jusqu’à trois formes de mauvais traitements. Une seule catégorie de mauvais traitements a été décelée dans 82 % des cas corroborés : la violence physique a été identifiée comme étant la seule catégorie de mauvais traitements dans 31 % des cas, la négligence dans 28 % des cas, la violence physique dans 15% des cas, la violence psychologique dans 6 % des cas, et l’abus sexuel dans 2 % des cas. Des catégories multiples de mauvais traitements ont été observées dans 18 % des cas corroborés (16% deux catégories; 2 % trois catégories).Les combinaisons les plus fréquemment observées étaient la négligence et l’exposition à la violence conjugale; la violence psychologique et l’exposition à la violence conjugale.

Sévices physiques et psychologiques

L’ECI 2008 a recensé les sévices physiques qui font l’objet de l’enquête ou qui sont à l’origine des soupçons de maltraitance. L’information sur les sévices physiques a été recueillie de deux façons, l’une décrivant la nature des sévices, et l’autre décrivant la gravité des sévices, mesurée en fonction du traitement médical requis. Des sévices physiques ont été documentés dans 8 % des cas de mauvais traitements corroborés (principalement des ecchymoses, des coupures et des écorchures). Dans 5 % de ces derniers cas, les sévices ont été relevés, mais aucun soin médical n’a été requis, et dans 3 % des cas, les sévices étaient suffisamment graves pour nécessiter des soins médicaux.

L’information sur la violence psychologique a été recueillie au moyen d’une série de questions demandant aux travailleurs des services de protection de l’enfance de décrire les conséquences psychologiques des mauvais traitements. Si les mauvais traitements étaient corroborés, les travailleurs devaient préciser si l’enfant manifestait des signes de sévices mentaux ou psychologiques. Pour évaluer la gravité des sévices mentaux ou psychologiques, les travailleurs ont précisé si les symptômes de sévices mentaux ou psychologiques de l’enfant nécessitaient une intervention thérapeutique (traitement). Des sévices psychologiques ont été relevés dans 29 % de toutes les enquêtes sur les mauvais traitements corroborés; les travailleurs ont déterminé que les symptômes étaient suffisamment graves pour nécessiter des soins dans 17 % des cas.

Durée des mauvais traitements

La durée des mauvais traitements a été établie par le classement des enquêtes sur les mauvais traitements corroborés dans la catégorie des incidents isolés ou des incidents multiples .Les incidents isolés de mauvais traitements comptaient pour 42 % des enquêtes sur les mauvais traitements corroborés tandis que les incidents multiples de mauvais traitements représentaient 58 %. Les incidents multiples concernaient les catégories suivantes de mauvais traitements corroborés : violence physique (45 %), abus sexuel (51 %), exposition à la violence conjugale (56 %), violence psychologique (67 %), et négligence (68 %).

Pour des mises à jour et de plus amples renseignements sur l’ECI-2008, visitez le Portail canadien de la recherche en protection de l’enfance à http://www.cwrp.ca et la section des blessures et de la violence envers les enfants de l’ASPC à http://www.phac-aspc.gc.ca/cm-vee/public-fra.php

Référence suggérée: 

Résumé par Lise Milne. Adapté de Trocmé, N., B. Fallon, B. MacLaurin, V. Sinha, T. Black, E. Fast, C. Felstiner, S. Hélie, D. Turcotte, P. Weightman, J. Douglas et J. Holroyd. « Caractéristiques des mauvais traitements », dans Étude canadienne sur l’incidence des signalements de cas de violence et de négligence envers les enfants – 2008 : Données principales. Ottawa, 2010.